La Fanfarlo

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En 1843, Baudelaire cherchait ses modèles… plutôt du coté de Balzac. Son premierFanfarloCouv texte, romanesque, est en même temps une critique féroce du romantisme tout en posant les bases d’un renouveau littéraire.

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Lecteur attentif de son temps, Baudelaire a conçu son œuvre sur les ruines du romantisme. Dans les années 1840, il publie de nombreuses critiques sur la peinture et la littérature contemporaines. La Fanfarlo, rare tentative romanesque, en est une variante.

Dans cette nouvelle édition, Pierre Laforgue démontre comment Baudelaire s’est interrogé sur l’évolution du romantisme. D’ailleurs le Salon de 1846 que publie Baudelaire tente de répondre à cette question : « Qu’est-ce que le romantisme ? ». A partir de l’élection de Victor Hugo à l’Académie française, en 1841, le romantisme s’institutionnalise. Celui des années 1830 subit le contrecoup de son succès et les déviances qui vont de pair. Ainsi, Samuel Cramer, héros de La Fanfarlo, s’encombre de l’attirail romantique tout en postulant un renouveau. Comme Baudelaire lui-même, il fait l’expérience de la poésie confrontée au réel.

La Fanfarlo est le reflet d’un monde d’illusions, de comédie où l’amour se multiplie dans des miroirs vertigineux et déformants. Dépendante des plus trompeurs artifices, la passion tente de lutter contre le réel tout comme Samuel Cramer, « l’homme des belles œuvres ratées », engage sa vie dans un idéal sans se donner pour autant de distance critique. Le narrateur s’en chargera pour lui, avec une réussite des plus stimulantes.

La nouvelle est suivie des échanges épistolaires qu’entretinrent Baudelaire et Sainte-Beuve, entre 1845 et 1866. Ce dialogue par lettres apporte quelques nuances sur les relations entre les deux hommes : Baudelaire se montre amateur de la poésie de Sainte-Beuve ; Sainte-Beuve reconnaît en lui le poète qui comptera pour avoir affronté l’enfer sans chercher le secours des anges – contrairement à lui.

 

Pierre Laforgue est professeur de lettres à l’Université de Franche-Comté, il travaille sur le romantisme, sur Baudelaire en particulier. Il est notamment l’auteur d’Ut picture poesis,

Baudelaire, la peintre et la poésie (PUF, Lyon, 2000), Baudelaire dépolitiqué, quatre études sur les Fleurs du Mal (Euredit, 2003), OEdipe à Lesbos, Baudelaire; la femme, la poésie (Euredit, 2002).

Pierric Maelstaf, directeur de la collection, travaille depuis plusieurs années sur la notion de critique et notamment sur Baudelaire et Sainte-Beuve. A l’appui du livre et notamment de la correspondance entre les deux poètes, il donne une conférence intitulée : Charles Baudelaire : le scandale, la réputation et l’Académie.




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